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Le 5 avril dernier, les deux frères, interne en médecine à Lyon et avocat en Savoie, ont perdu la vie dans la traversée du massif des hautes Tauern dans le Tyrol autrichien.
Ils faisaient partie d'un groupe de onze membres du Club alpin français (CAF) de Bourg-en-Bresse.
« Nous partions pour huit jours, et ce dimanche 5 avril nous devions juste rejoindre un refuge pour la nuit », raconte Dimitri Granger.
Une ascension « facile » à 1 800 m avec des skis de randonnée munis de peaux de phoque. Dimitri et les frères Tous ouvraient la marche, une trentaine de mètres devant le reste du groupe. « Tout à coup j'ai entendu un gros bruit, comme un « vroum ». Je voulais aller à gauche mais il était déjà trop tard. C'était comme une grosse vague déferlante de vingt mètres de large qui a tout arraché sur son passage, les petits arbres et les branches. Les autres derrière ont pu s'abriter derrière un rocher ou un gros arbre. Mais nous trois, nous avons été happés. Je me suis senti soulevé en l'air, voler, emporté par une puissance phénoménale. »
Les deux frères seront ensevelis sous quatre mètres de neige. Le déclenchement de son ARVA (appareil de recherche de victimes d'avalanche) aura permis de localiser immédiatement le corps de Xavier Tous. Celui de Philippe ne sera retrouvé que samedi.
Dimitri lui a eu plus de chance. « J'ai percuté un arbre et je suis resté collé. Mais il a cédé et j'ai été emporté une deuxième fois. Je sentais la neige s'entasser sur moi. Puis il y a eu un grand silence. Je respirais mais je ne pouvais pas bouger. Je me suis dit « voilà c'est fini ». Je n'avais plus aucun espoir.
Et puis au bout de dix minutes j'ai entendu les bips des ARVA. Je n'ai pas arrêté de crier, et ils m'ont localisé ».
Enseveli sous « seulement » cinquante centimètres de neige, Dimitri aura eu de la chance. Evacué par hélicoptère avec fracture à la hanche et aux côtes, il a été rapatrié le 9 avril, et il vient juste de sortir de maison de repos.
« J'ai réalisé que la vie ne tient qu'à un fil, comme sur la route. Malgré toutes les précautions, la montagne reste une pratique à risque » ajoute Dimitri. « Refroidi », forcément, par le drame, il ne pense pas y retourner. « Je pense aux copains. C'est trop douloureux. »
Sources : leprogres.fr